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Eysses : cité romaine d'Aquitaine

Exposition jusqu'au 29 octobre 2015

Musée de Gajac


ExpositionEysses : petit village gaulois d'Aquitaine vaincu par les Romains

En 52 av. J.-C., alors que la « ville neuve sur Lot » n'existe pas encore, à l'emplacement de l'actuel quartier d'Eysses, vivent les Celtes gaulois Nitiobroges. Certains d'entre-eux intègrent le contingent de 5000 cavaliers1 et mercenaires levé par le roi Teutomatos, pour soutenir Vercingétorix contre l'avancée de César. Le fils d'Ollovicon, qui avait reçu du Sénat romain le titre d'ami, Teutomatos, se fait surprendre par la soldatesque dans sa tente, lors de sa sieste et « il s'enfuit à demi nu, et son cheval fut blessé"2. Quant à Vercingétorix, il est contraint de rendre les armes après le siège d' Alésia.
Vaincue et soumise à l'autorité romaine, la Gaule et avec elle, les Nitiobroges « d'Eysses », deviennent gallo-romains.
Les Romains élèvent au 1er siècle après J.-C., à la place du village de huttes, une agglomération prospère de pierre et de marbres : villas, ateliers, centres administratif et religieux : EXCISUM. Située au croisement de deux grandes voies de communication –Bordeaux/Cahors, Saint-Bertrand-de-Comminges/Périgueux- elle est idéalement située pour les échanges commerciaux et les déplacements de l'administration de la République romaine. Sa position militaire stratégique permet de surveiller d'un œil les belliqueux Agenais et de l'autre, garder à vue les Gaulois d'Uxellodunum dans le Lot, où la dernière bataille pour la conquête romaine de la Gaule Aquitaine a été menée.
Excisum se développe jusqu'au début du IIIe siècle de notre ère, sur une cinquantaine d'hectares : vaste sanctuaire, temples, quartiers artisanaux, camp militaire... Ces monuments sont démantelés au Moyen-Âge au profit de nouvelles constructions.

Des siècles plus tard, au XVIIe, avec l'engouement pour les antiquités que les princes italiens amènent avec eux en France, les fouilles débutent sur le site d'Excisum, « à une jetée de pierre de l'Abbaye d'Eysses »3. Les collectionneurs exhument alors une sépulture romaine. Début XIXe, alors que la prison s'installe dans les murs de l'abbaye, un groupe d'amateurs sortent de terre trois stèles de soldats romains, des urnes funéraires et divers objets. En 1860, lors des travaux d'agrandissement du centre pénitentiaire, quelques objets sont trouvés.
Bien plus tard, dans les années 1960/70, les bénévoles de la Société Archéologique de Villeneuve, œuvrent pour l'extraction des trésors cachés de la cité romaine Excisum.
En 1985, après la découverte capitale de l'ensemble monumental à Eysses, lors de fouilles d'archéologie de sauvetage effectuées par l'Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales (l'AFAN) et la Société Archéologique, les murs du sanctuaire sont découverts et protégés.
La ville achète les terrains en 2010 et entreprend d'engager une longue campagne de fouilles dirigées par l'universitaire Alain Bouet. Ces recherches sont destinées à une étude approfondie afin d'asseoir l'évolution architecturale et la chronologie absolue du site. A ce jour, elles ont permis de découvrir le plan intégral du complexe monumental romain du Ier siècle ap. J.-C. : les structures -cour, péribole de la basilique à nef unique, portiques, murs, emplacements des tours et pavillons, cages d'escaliers, espaces de circulation, emplacement du temple, égouts et évacuations- mais aussi les aménagements devant l'entrée du sanctuaire :  fanum, emplacement des sculptures, décors -éléments architecturaux, placages de marbres, bronzes dorés, sigillées, céramiques, amphores, objets du quotidien, bijoux...

Ces vestiges du passé, témoins de la création de Villeneuve, exposés temporairement au Musée de Gajac, restituent l'histoire du lieu et permettent d'en imaginer sa somptuosité.

L'exposition apporte un éclairage historique aux spécialistes et aux non initiés. Le parcours, pédagogique et didactique permet au visiteur d'imaginer la ville du premier siècle de notre ère, à travers son mobilier, les objets archéologiques, mais aussi les photographies, reconstitutions en 3D de Philippe Lainé et les créations audio-visuelles de Gauthier Roumagne4.
Cette scénographie interactive aborde également une approche originale et néanmoins scientifique, de l'archéologie des odeurs.


Parce que ce site est exceptionnel en Aquitaine, Villeneuve-sur-Lot a été choisie cette année pour accueillir le 6e colloque Aquitania, qui se tiendra les 10-11-12 septembre au Centre culturel : les grands noms de l'archéologie présenteront leurs découvertes, leurs recherches et travaux, sur le thème de la monumentalisation des villes d'Aquitaine et de l'Hispanie septentrionale à l'époque de la création d 'Excisum.
>>> Plus d'infos sur le colloque

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1 - d'après Jules César lui-même in. La guerre des Gaules, VII : 75 et 76, traduction L.Constant, Gallimard, coll. »Folio » (n°1315), 1994

2 - d'après Jules César lui-même in. La guerre des Gaules, VII : 46, traduction L.Constant, Gallimard, coll. »Folio » (n°1315), 1994

3 - Jean D'Arnalt, in. Les antiquités de l'Agenais, thèse, XVIIe siècle

4 - Créateur des  scénographies des expositions "Entre Classique et baroque", "Georges Leygues" ou "Louttre B.",  auteur également du mapping présenté à l'occasion des 750 ans de la bastide.