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Le château de Rogé

Raconter l'histoire du château de Roger est un exercice difficile. On ne connaît en effet presque rien de son passé. Ni la date de son premier établissement, ni le nom de ses premiers propriétaires. Quelques bribes par ci par là nous font remonter à 1338 à un Guillaume de Cassany, puis à la puissante famille de Fumel à partir de 1440.

Château de Rogé à Villeneuve-sur-Lot
Son emplacement sur les bords du Lot a certainement, dés le départ, déterminé son rôle. Il faut rappeler que jusqu'au XVIIe siècle, la médiocrité, voire l'absence de route, a donné à la rivière une place prépondérante. Tous les échanges commerciaux passaient par cette voie, artère vitale du commerce. Aussi était-il important de « tenir le Lot » et d'en surveiller le trafic.

Le nombre de maisons fortes, semblables à celle de Roger construites le long de la rivière, atteste de cette importance stratégique. A moins de cinq kilomètres, se trouvent Ferrassou, Escoutes, Rigoulières. Comme à Roger, leurs propriétaires jouissaient d'un droit de passage sur la rivière, des revenus de leurs moulins, de leurs pêcheries et même quelque fois, d'un pont.

Si certaines pièces de la bâtisse nous permettent de la dater du XIVe siècle, le seul véritable descriptif connu provient d'un aveu de dénombrement de 1775. Le château est alors composé d'un corps de logis à quatre tours, de fossés, de caves, d'un autre corps de logis attenant, de remises, de pigeonniers, d'un vivier, de plusieurs moulins. La plupart de ces bâtiments ont disparu. Les fossés ont été comblés, le pigeonnier et le moulin démolis. De nombreux remaniements effectués au cours des siècles ont contribué à lui donner cet air mystérieux, des fois un peu surprenant : la porte d'entrée, baroque, disproportionnée, dans l'axe de l'ancienne allées ; la cour intérieure et ses façades encore marquées de fenêtres, de sorties d'éviers… Bien plus déroutant, la découverte de cette meurtrière donnant sur l'entrée. A-t-elle servi lors des épisodes de la Fronde, quand le château fut attaqué par la milice bourgeoise venue s'emparer des réserves de blé ?

Tout à côté du château il y avait un gros bourg, aujourd'hui totalement disparu. Un marché s'y tenait tous les jeudis, et les seigneurs de Roger avaient obtenus le droit d'y créer une foire, le lendemain du 15 août. Droits accordés par Philippe de Valois le 9 juillet 1338, confirmés par Henri IV puis par louis XIII. Mais surtout, ce qu'on ne voit pas aujourd'hui, le village se prolongeait sur l'autre rive du Lot, sur la paroisse de Courbiac, sous le nom de Roger-le-Vieux.

En 1529 Sylvestre de Montalembert achète le château à Bertrand de Fumel pour 3280 livres. Une somme considérable à l'époque. Le parlement de Bordeaux confirma l'achat qui fut cependant contesté par Antoine de Fumel, qui finit par céder tous les droits pour 1000 livres supplémentaires. La famille Montalembert est une maison illustre de l'Angoumois dont on connaît généalogie et faits d'armes depuis le XIe siècle. Sylvestre, son fils Christophe et son petit-fils Charles continuent d'agrandir le domaine. Cette illustre famille habitera les lieux jusqu'au XVIIe. Le dernier du nom, François, sera gouverneur de Penne, à la tête de 100 hommes à pieds. Sa fille unique, Anne, épouse en 1636 Jean Baptiste Douzon de Bourran. Un de leurs descendant, Joseph, marquis de Bourran, sera député de la Noblesse aux États généraux de 1789, puis Maire de Villeneuve en 1791, et sous Préfet en 1800.

A partir de 1892 le château passera dans diverses mains, avant d'être vendu en 1962 à la Commune de Villeneuve.

Carte du village de Rogé à Villeneuve-sur-Lot